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Ethanol en Guadeloupe

       Différentes études ont été réalisés par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie), le CTICS (Centre Technique Interprofessionnelle de la Canne à Sucre) et le FEDER (Fonds de Développement Régionale) pour vérifier la faisabilité d’une telle production dans le département, à moyen et à long terme afin de savoir quelle serait les perspectives de développement et de rentabilité.

      L’unité industrielle la mieux adaptée à cette production d’éthanol serait la Distillerie de Bonne Mère à Sainte-Rose car elle produit déjà à partir de la mélasse du rhum industriel et de l’alcool et l’on sait que l’éthanol est le nom scientifique de l’alcool éthylique.

     Il suffira donc de vérifier qu’il reste moins de 0.3% d’eau dans l’alcool produit par la distillerie et l’on obtiendra alors l’éthanol utilisable comme biocarburant.

     Mais pour  réaliser cette production d’éthanol, il faudra que la SIS de Bonne Mère fasse l‘acquisition d’un tamis moléculaire d’un coût de 3 millions d’euros environ. Car en effet on peut produire de l’éthanol avec la mélasse et la bagasse provenant de la canne à sucre ; mais il y a une base très importante à avoir pour que l’éthanol atteigne les 99.7% afin de le mélanger à l’essence : c’est la déshydratation. Et pour obtenir cette déshydratation il faut le tamis moléculaire qui permettra à l’éthanol d’atteindre 99.7% de pureté et donc les moins 0.3% d’eau.

 

 

 

      Le biocarburant éthanol serait produit à partir du surplus de mélasse provenant de divers sucreries mais aussi d’éventuelles cannes non récoltées pendant la campagne sucrière. Ainsi tous ces excédents représentants un potentiel de production de 4500 tonnes par an d’éthanol carburant ce qui couvrirait environ 4% de la consommation annuelle d’essence en Guadeloupe. Il faut savoir que 14000 ha de canne à sucre sont cultivés en Guadeloupe et qu’une tonne de cannes à sucre est égale à 95Kg de sucre et 45Kg de mélasse et qu’une tonne de mélasse est égale à 233 litres d’éthanol pur.

       Produire de l’éthanol permettrait aussi d’ouvrir une voie de reconversion aux agriculteurs de la Basse-Terre dont les terres sont contaminées par le chloredécone et pour lesquelles les productions  à destination alimentaire pourraient ne plus être souhaitables. Ainsi on pourrait donc produire sur terres contaminées 200000 à 350000t de canne éthanol sur 2000ha.

        L’éthanol pourrait être aussi produit par la valorisation des divers égouts de sucrerie  ou même en sirop de canne qui permettrait d’une part, de limiter les volumes à transporter jusqu’au site de finalisation du produit en éthanol et d’autre part de passer par un produit stable qui supporte un certain délai avant transformation. Le sirop peut être transporté avec le même matériel que celui utilisé pour la mélasse.

       L’éthanol carburant obtenu serait  alors incorporé à hauteur de 25% et 85% à l’essence .Ce mélange pourrait ainsi servir pour les véhicules fonctionnant indifféremment avec l’essence pure ou du carburant E85.

      C’est un carburant très intéressant surtout  s’il est fabriqué à partir de la mélasse car l’E85 consomme 71%  de moins d’énergie primaire  non renouvelable que l’essence (graph.1) et présente un potentiel de réchauffement climatique inférieur de 61% par rapport à l’essence (graph.2). Et que la production d’éthanol à partir de mélasse, de canne à sucre en Guadeloupe engendre des émissions de gaz à effet de serre 1.3 fois moins importantes que la production d’éthanol partir de betteraves (graph.3).

                                                                                    Graphique 1

                                                                                     Graphique 2

                                                                                       Graphique 3

  

      A plus grande échelle le développement de cette filière comporterait beaucoup d’avantages tant sur le plan de l’environnement que sur le plan économique en assurant un avenir plus pérenne à la filière canne. Grâce à cette initiative la Guadeloupe deviendrait alors une région propre et innovante, pionnière en matière innovante environnementale et dès lors son image serait alors revalorisée.

     Pour que l’éthanol soit utilisé par les véhicules, il faudrait  qu’auparavant ceux-ci subissent des modifications spéciales.

     Sur le plan économique, il pourrait y avoir des pertes d’entrées fiscales pour la Région Guadeloupe, en effet dans ce département les taxes sur l’essence sont régionales et il n’existe pas de taxe régionale sur l’éthanol. Donc dans le cas où le biocarburant à la pompe serait de l’E85 (85% d’éthanol et 15% d’essence sans plomb), la Région ne percevrait de rentrée fiscale que sur les 15% d’essence que contient le mélange, d’où une perte fiscale conséquente à chaque litre d’E85 vendu.

     Donc il faudra que le prix de vente de l’éthanol soit inférieur au prix de vente de l’essence. Pour l’instant la Région Guadeloupe après étude avance un prix de 10€ par litre d’éthanol. Il y aura donc un déséquilibre économique de la filière éthanol et pour éviter ce déséquilibre le prix de vente devra être supérieur au prix de revient ainsi donc le déséquilibre de la filière diminuera voire même disparaître.

     Malgré quelques obstacles de la production d’éthanol pourra constituer un débouché complémentaire permettant de conforter la production de sucre et de rhum et ainsi pérenniser la production de canne.

 

 

 

 

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