Ethanol en Guadeloupe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trois procédés sont étudiés :

  •   Une filière éthanol avec l’excédent de mélasses des sucreries et de cannes non récoltées (scénario d’appoint)
  •   Production d’éthanol sur les terres contaminées c'est-à-dire la reconversion des sols de banane contaminés à la chlordécone (scénario de reconversion)
  •   Une filière bioénergétique c'est-à-dire on limite la production de sucre et de rhum à profit de l’éthanol un débouché complémentaire avec le « surplus » de canne (scénario d’alternative énergétique)  

 

 Tout d’abord une étude a été faite afin de déterminer qu’elle transformation industrielle serait  la plus appropriée:( hors excédent de mélasse)

 

Après analyse le schéma 1 les distilleries agricoles n’est pas retenu  car elles sont trop loin de la distillerie industrielle et ont une faible capacité de production.

Le second schéma,  transporter le jus de canne jusqu'à l’unité de transformation en terme de faisabilité  technique est faible, par contre le sirop serait le plus réaliste et économique car on pourrait utiliser le matériel existant celui du transport de mélasse.

La dernière proposition évoque la possibilité de modifier le procédé de fabrication du sucre : extraction moins poussée fournissant, en plus du saccharose, des égouts plus riches (égout[1] A dans le projet A et égout B dans le projet B) ayant un rendement en éthanol plus élevé en sucre que les mélasses (égout C du projet C). Cette modification du procédé de fabrication du sucre qui consiste à diminuer le nombre de cuisson, pourrait dégager une production complémentaire d’éthanol.

Le tableau suivant nous permet d’envisager le procédé le plus adapté  à l’arrivée de l’éthanol en Guadeloupe :

 

Scénarios

Hypothèses de départ : conditions à réunir

Résultats de production

Résultats économiques

Avantages et inconvénients

 

d’appoint

 

 

Quota de sucre financé en Guadeloupe : 95 000 t, dont 76 000 t pour Gardel.

Production moyenne de canne en Guadeloupe continentale : 800 000 t, dont 700 000 t en sucrerie.

Ethanol issu des excédents de mélasse et production complémentaire avec la valorisation des cannes éventuellement reportées : 10 000 à 70 000 t de canne (tc). Cadence moyenne de Gardel : 5 000 tc/jour

Cours du pétrole : 80 $/bl (ESP : 158,4 €/hl)

Prix de la mélasse pour l’éthanol : 80 €/t

Marges intermédiaires : 10 %

Rémunération du planteur en maintenant le système de paiement de la canne en sucrerie : prix moyen de 31,38 e/tc payé par Gardel au planteur

Rémunération du planteur fixée par le prix de vente de l’éthanol : prix moyen payé par Gardel entre 20,15 et 22,35 €/tc

Mise en œuvre du projet C

 

- Rendements actuels des procédés : 5 000 à 35 000 HAP, soit 600 à 4 100 m3 d’E85 représentant 0,3 à 2,3 % de la consommation d’essence3.

 

- Rendements améliorés : 8 000 à 56 000 HAP, soit 1 000 à 6 600 m3 d’E85 représentant 0,5 à 3,6 % de la consommation d’essence

 

 

 

-Coût de revient E851 avec les rendements actuels : 80 à 90 €/hl avec la part croissante de canne dans l’approvisionnement de la filière

Déséquilibre de la filière2 inférieur au soutien national qui s’élève à 33 €/hl d’éthanol (prix de vente du E85 à la pompe : 126,7 €/hl)

 

-Coût de revient de l’E85 avec les rendements améliorés : 64 à 70 €/hl

Déséquilibre de la filière inférieur à 10 €/hl E85 (prix de vente du E85 à la pompe : 126,7 €/hl)

 

 

 

Intérêt pour le planteur même si sa rémunération est  fixée par le prix de l’éthanol ce qui entraine la diminution du prix d’achat à la tonne de canne (répercussion sur sa marge brute)

 

Contraintes

organisationnelles limitées pour les industriels transformateurs

 

Limites de l’accès aux parcelles (ressuyage et praticabilité) et de la disponibilité des prestataires de récolte

 

 

 

 

de reconversion

Interdiction d’exploiter les sols contaminés à la chlordécone à des fins alimentaires

Production de canne-éthanol : 200 000 à 350 000 t de canne sur 2 000ha

Capacité de Gardel : 6 000 tc/jour

Cours du pétrole : 80 $/bl (ESP : 158,4 €/hl)

Prix de la mélasse pour l’éthanol : 80 €/t

Marges intermédiaires : 10 %

Rémunération du planteur en maintenant le système de paiement de la canne en sucrerie : prix moyen payé  par Gardel au planteur de 31,38 e/t de canne

Rémunération du planteur avec un système de paiement différencié selon le débouché de la canne : prix moyen payé par Gardel entre 20,4 et 22,5 €/tc

 

 

 

Mise en œuvre du projet C

 

- Rendements actuels des procédés : 100 000 à 175 000 HAP, soit 11 700 à 20 500 m3 d’E85 représentant 6,5  à 11 % de la consommation d’essence3.

 

- Rendements améliorés : 160 000 à 280 000 HAP, soit 18 800 à 32 900 m3 d’E85 représentant 10 à 18 % de la consommation d’essence

 

-Coût de revient E85 avec les rendements actuels : 80 à 93 €/hl avec la part croissante de canne dans l’approvisionnement de la filière

Déséquilibre de la filière inférieur au soutien national à partir de 90 €/bl  (prix de vente du E85 à la pompe : 130,9 €/hl)

 

-Coût de revient de l’E85 avec les rendements améliorés : 64 à 72 €/hl

Déséquilibre de la filière inférieur à 10 €/hl E85 (à 80 $/bl, prix de vente du E85 à la pompe : 126,7 €/hl)

 

 

 

-Intérêt pour le planteur qui peut compenser une perte de revenu (si paiement différencié de la canne) avec l’augmentation de ses rendements (gains de marge brute à partir de 120 tc /ha)

 

Contraintes imposées par l’instauration d’un système de traçabilité de la production

 

-Installation dédiée à l’éthanol : rentabilité obtenue au même prix sans compter l’investissement initial, meilleurs résultats de production, offre en matière première limitée interdit toutes économies d’échelle

 

 

d’alternative énergétique

 

 

Développement de la production cannière :

-extension de la sole de 12 300 à 15 000 ha

-gains de productivité avec la progression des rendements de 5 t/ha et l’irrigation de 20 à 60 % de la sole cannière (gains moyens de rendements de 5 à 15 t/ha)

 

Production de 900 000 à 1 250 000 t de canne, dont 800 000 à 1 150 000 t en sucrerie

 

 

Contingent de sucre de Gardel : 65 000 ou 100 000 t  (maximum) à 50 000 t

(minimum)

Capacité de Gardel : 6 000 tc/jour

Cours du pétrole : 80 $/bl (ESP : 158,4 €/hl)

Cours du sucre : 200 € /t

Cours de la mélasse : 80 €/t

Marges intermédiaires : 10 %

Rémunération du planteur en maintenant le système de paiement de la canne en sucrerie : prix moyen payé Gardel au planteur de 31,38 €/t de canne

 

 

Mise en œuvre du projet A

 

Selon l’offre en canne et le contingent de sucre :

-rendements actuels : 6 400 à 27 600 m3 d’E85

-rendements améliorés : 10 200 à 44 200 m3 d’E85

 

Coût de revient E85 et déséquilibre de la filière éthanol prohibitifs

Selon l’offre en canne et le contingent de sucre :

-rendements actuels : 120 à 200 €/hl E85 et déséquilibre de 65 à 120 €/hl

-rendements améliorés : 85 à 135 €/hl E85 et déséquilibre de 45 à 85 €/hl

 

Projet A non retenu :

pas rentable

 

Mise en œuvre du projet B

 

Selon l’offre en canne et le contingent de sucre :

-rendements actuels 14 800 0 à 36 400 m3 d’E85 soit 3,5 à 20 % de la consommation d’essence

-rendements améliorés : 23 700 à 58 200 m3 d’E85, soit 6 à 32 % de la consommation d’essence

Selon l’offre en canne et le contingent de sucre :

-Coût de revient E85 avec les rendements actuels : 98 à113 €/hl

Déséquilibre de la filière environ de 40 €/hl E85 (prix de vente : 126,7 €/hl)

Intérêt du projet dès 100 à 110 $/bl

-Coût de revient E85 avec les rendements améliorés : 73 à 82 €/hl

Déséquilibre de la filière de 10 à 21,5  €/hl E85 (prix de vente : 126,7 €/bl)

Intérêt du projet dès 50 à 60 $/bl

Contexte d’offre en canne élevée et de baisse du contingent : résultat du projet B équivalents à ceux du projet C

 

En l’absence de mesures compensatoires pour les cannes-éthanol, le projet B est le plus rentable

Mise en œuvre projet C

 

Selon l’offre en canne et le contingent de sucre :

-rendements actuels : 17 400 à 39 000 m3 d’E85, soit 5,5 à 21 % de la consommation d’essence

 

-rendements améliorés : 27 800 à 62 300 m3 d’E85, soit 8,5 à 34 % de la consommation d’essence

 

Selon l’offre en canne et le contingent de sucre :

-Coût de revient E85 avec les rendements actuels : 77 à 97 €/hl

Déséquilibre de la filière de 15 à 40 €/hl E85 (prix de vente : 126,7 €/hl)

Intérêt du projet entre 60 et 100 $/bl

-Coût de revient E85 avec les rendements améliorés : 60 à 72 €/hl

Déséquilibre de la filière inférieur à 10 € /hl E85 (prix vente : 126,7 €/hl)

Intérêt du projet à moins de 60 $/bl

Contexte d’offre en canne faible : projet C le plus rentable quel que soit le contingent de sucre, mais déséquilibre de la filière important (30 à 40 €/hl E85)

 

Contexte d’offre en canne élevée et de contingent élevé : projet C le plus rentable, sauf en l’absence de mesures compensatoires pour les canne-éthanol

1 coûts de revient du E85 sont hors marge. 2 déséquilibres économiques de la filière éthanol calculé avec marges. 3 consommations d’essence : 146 600 m3 en 2005 avec tendance à diminuer au profit du gaz oïl.

Après cette étude de faisabilité, la Guadeloupe est en mesure d’avoir une filière éthanol, sans investir  vu qu’on utilise les infrastructures existantes. De plus en appliquant le procédé d’une filière bioénergétique, qui serait très bénéfique en centralisant l’unité de production principale en Guadeloupe et d’envisager de reconvertir la filière à Marie-Galante vers une unité ne produisant que de l’électricité et l’éthanol à partir de  variétés de cannes à haute teneur en fibre.



[1] La production de sucre s’effectue avec 3 cuissons successives conduisant à des résidus (égouts A, B et C) contenant de moins en moins de sucre, les égouts les plus riches en sucres ayant un potentiel de production d’éthanol plus élevé.

 

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